

Réseau Liberté
Monsieur le député UMP du Tarn Bernard (et non Bertrand) Carayon,
pour avoir osé appeler l'Etat à "ne pas maintenir son intervention dans l'économie plus longtemps que ne l'exigent les circonstances exceptionnelles", vous accusez froidement le Medef d'"indécence inexcusable".
Je vous cite : "Ceux qui ont tout fait, depuis vingt ans, pour faire reculer l'Etat, déréguler, et dénationaliser sont aujourd'hui ceux qui supplient l'Etat de nationaliser, de les assister et de réguler" (sic !).
Très franchement, il me paraît quasiment impossible de faire mieux, sauf du côté gauche (le plus souvent marxisant) de l'Hémicycle, en matière de désinformation !
Et encore : "Il faut que les représentants du patronat soient bien inconscients et bien ingrats pour exiger qu'au lendemain de la crise, les Etats disparaissent totalement de l'économie après avoir épongé les risques inconsidérés et les erreurs de gestion des spéculateurs" (resic !).
M. le député, vous rendez-vous seulement compte à quel point votre jugement à l'emporte-pièce, dont l'énoncé laisse pantois tant il reflète une fabuleuse ignorance des faits, est non seulement complètement faux mais, pis encore, scandaleusement injuste ?
Dans votre esprit, M. Carayon, est-ce vraiment comme cela qu'il nous faut interpréter le grand air de la "Rupture" selon l'UMP de Nicolas Sarkozy !?
Alain Madelin a récemment publié dans Les Echos du 17 octobre dernier un article intitulé : "Le mauvais procès fait au capitalisme financier". Permettez-moi de vous en apprendre le début et la fin qui, peut-être, vous inciteront alors à le lire in extenso pour nourrir et parfaire votre réflexion plutôt que de raconter des sottises. Voici.
"A croire tout ce qui se dit et s'écrit, la crise actuelle serait le fruit d'un capitalisme financier dévoyé, dérégulé, sans foi ni loi. Voilà qui signerait la faillite du libéralisme et annoncerait le grand retour de l'Etat ! Cet acte d'accusation travestit cependant la réalité. La reconstitution des faits qui ont généré, diffusé et amplifié la crise nous dit tout autre chose (...)".
"(...) Plutôt que de parler de la faillite du capitalisme financier et de vouloir engager son procès, mieux vaudrait faire l'examen tant des failles de la régulation que des fautes et des erreurs des régulateurs et des autorités publiques, à commencer par la question des banques centrales et des politiques monétaires. Si assurément la finance a besoin de nouvelles règles, la genèse et la conduite de la crise invitent à la prudence et à la modestie".
M. le député Bernard Carayon, avant de condamner sans procès équitable tout ceux qui s'échinent à créer des richesses vite confisquées par la folle voracité de l'Etat providence, de grâce, prenez la peine de vous informer aux meilleures sources, fussent-elles, horresco referens, des sources libérales : croyez-moi, nul ne le regrettera, même pas vous.
Sachez enfin que sur un plan plus personnel, j'aurais tendance à considérer que votre coup de sang, mal venu, mal informé et même, à mes yeux, politiquement des plus primaires, ne mérite même pas la peine que je me donne ici à vous en entretenir.
Librement ! Philippe (Sully) ROBERT http://sully1.typepad.com 02400 FRANCE