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Nos gouvernants aujourd'hui confrontés à une crise aggravée en France par quarante ans de nomadisme politique et n'ayant manifestement toujours rien appris, ne trouvent rien d'autre à proposer aux Français qu'une nouvelle forme d'imposture : produisez, achetez, consommez français !
Il s'agit bien d'une imposture dans le sens où, clairement, cette injonction est le fait d'imposteurs de la politique à bout d'arguments et qui ne veulent surtout pas, pris à leur propre piège et dès lors que la disgrâce finale est en vue, prendre le simple courage de regarder la réalité du monde en face.
Car si les libéraux si vilipendés n'ont de cesse, dans une éclatante unanimité, de leur indiquer la direction à prendre pour éviter de plonger le peuple français dans la plus tragique et douloureuse affliction, nos élites n'ont hélas elles-mêmes de cesse de se lancer dans des actions hors de tout bon sens.
A quoi faut-il donc attribuer une telle accumulation de sophismes dans le temps par un si petit nombre d'hommes et de femmes de l'Etat, en fait une puissante oligarchie, si ce n'est à un rare accès de paresse intellectuelle doublé d'un prodigieux mépris envers la société civile ?
Ce point de vue personnel aurait au moins l'avantage de justifier (sic !) la folle arrogance dont font preuve à tout instant nos élites, à l'instar de l'iroquois faisant fonction de ministre de l'Economie et des Finances qui s'est autorisé, cocorico !, à clouer au pilori la Grande-Bretagne de David CAMERON !
C'est donc en pensant à la réputation dégradée au plus haut point de la France que je m'exprime ici. Car, depuis trop longtemps, cette réputation ne possède plus le prestige ni le rayonnement dont, en haut lieu, l'on feint encore de croire qu'ils éclairent le monde plongé dans les ténèbres.
Mais revenons sur terre et à l'état de la France contemporaine :
"L'investissement est bien le véritable moteur de la croissance économique. Il conditionne l'offre future, la production de demain. Il faut en rester à un keynésianisme élémentaire pour regarder le
moteur dans la malle arrière : la consommation et la demande".
Ce raisonnement d'une simplicité biblique puisque moi-même, qui ne suis rien comparé aux crânes d'oeuf qui nous gouvernent, je parviens à en comprendre aisément les termes et à vérifier facilement leur validité dans l'économie réelle, serait-il totalement hermétique au Prince stratosphérique ?
"Suffirait-il d'injecter de l'argent (via la banque centrale ou via les dépenses publiques) pour que l'offre se mette à suivre et avec elle la croissance de la production ? Ce serait trop beau : dépenser pour s'enrichir ! En réalité, l'offre ne peut répondre sans délai ni effort à la poussée d'une demande créée artificiellement".
Arrivé à ce niveau d'explication basique, je dois avoir commis une erreur quelque part ! Je n'ose croire, en effet, que des personnes aussi douées que celles qui occupent les plus hautes fonctions de l'Etat continuent à persister dans l'erreur pourtant mille fois sanctionnée par les lois de l'économie !
Car "D'une part cette création artificielle est financée par des expédients redoutables, la hausse des déficits publics détruit l'épargne et la monnaie; d'autre part, à supposer que le marché français s'emballe soudainement, il bénéficierait par priorité aux producteurs étrangers dont la compétitivité est meilleure que la nôtre".
Et le professeur Jean-Yves NAUDET* de conclure : "Serions-nous seuls au monde ? En fait, ce sont les illusions de "l'économie de la demande" qui ont créé et entretenu la crise". En clair, la dette souveraine
actuellement sur la sellette. Alors oui, serions-nous si seuls au monde qu'il nous faille croire contre toute évidence que le monde, hors la France, n'existe pas ?
*Jean-Yves BAUDET enseigne à l'Université
Aix-Marseille III, dont il a été vice-président. Ces extraits sont tirés d'un article paru sur Contrepoints à l'adresse suivante : http://www.contrepoints.org/2011/12/14/60361-linvestissement-francais-en-panne .
Librement !
Philippe S. ROBERT
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